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Si vous êtes en train de chercher comment créer ou refaire le site internet de votre commune en Haute-Saône, vous n'êtes probablement pas développeur web. Vous êtes maire, adjoint, ou l'élu qu'on a un peu poussé vers ce dossier parce que vous êtes "celui qui s'y connaît en informatique". Et vous cherchez à comprendre ce que ça implique vraiment, ce que ça coûte, et à qui faire confiance.
Ce que les habitants attendent d'un site de mairie
Un citoyen qui arrive sur le site de sa commune cherche en général l'une de ces choses : les horaires d'ouverture de la mairie, un numéro de téléphone, une information sur un événement local, ou comment obtenir un document administratif. C'est tout. Les attentes sont simples, mais si le site ne répond pas à ces besoins en moins de dix secondes, le visiteur ferme l'onglet et appelle directement.
Le résultat, dans beaucoup de petites communes de Haute-Saône, c'est une secrétaire de mairie qui passe une partie de sa semaine à répondre par téléphone à des questions auxquelles le site devrait répondre. Ce n'est ni efficace pour l'administration, ni pratique pour les habitants.
Un bon site de mairie ne fait pas de miracles. Il donne aux gens les informations dont ils ont besoin, au moment où ils en ont besoin, depuis leur téléphone.
L'obligation RGAA que beaucoup ignorent
Depuis 2019, les sites des organismes publics ont l'obligation légale de respecter le RGAA (Référentiel Général d'Amélioration de l'Accessibilité), et ce quelle que soit la taille de la commune. En clair : votre site doit être utilisable par tout le monde, y compris les personnes âgées, les personnes malvoyantes, ou celles qui ne peuvent pas utiliser une souris.
Le niveau exigé est le niveau AA. Ça implique des contrastes de couleurs suffisants, des alternatives textuelles sur les images, une navigation possible au clavier, des formulaires accessibles... La plupart des thèmes WordPress bas de gamme ou des plateformes municipales à l'ancienne ne respectent pas ces critères.
Ne pas être conforme, c'est s'exposer à des signalements, et surtout, c'est exclure une partie des habitants qui ont justement le plus besoin d'accéder à des services publics en ligne.
Autonomie éditoriale : le critère qu'on sous-estime toujours
La question que tout le monde pose avant un projet de site municipal : "combien ça coûte ?". La question que personne ne pose, et qui est pourtant décisive : "qui va mettre le site à jour après ?"
Un site livré clé en main qui nécessite un développeur pour chaque modification finira à l'abandon en moins de deux ans. C'est ce qui arrive à énormément de sites de communes : bien fait au départ, obsolète six mois plus tard parce que personne n'a le temps, les droits d'accès ou la formation pour publier du contenu.
L'autonomie éditoriale n'est pas un détail, c'est une condition de survie du site. L'outil de gestion de contenu doit être utilisable par quelqu'un qui n'a aucune compétence technique. Idéalement, publier une actualité ou mettre à jour les horaires d'été doit prendre moins de cinq minutes.
Le référencement local, parce que le site doit aussi être trouvable
Avoir un site qui existe, c'est un début. Mais si les habitants de votre commune tapent "mairie de [votre commune] horaires" sur Google et ne trouvent rien, le site ne sert à pas grand-chose.
Le référencement local d'un site de mairie n'est pas une science de pointe, mais il doit être pensé dès le départ : une structure de pages claire, les bonnes informations aux bons endroits, une fiche Google Business à jour, et une vitesse de chargement correcte sur mobile (plus de la moitié des recherches se font depuis un téléphone).
Ce n'est pas la partie la plus spectaculaire d'un projet web, mais c'est celle qui détermine si le site sera réellement utilisé.
Comment aborder le projet concrètement
Avant de contacter qui que ce soit, posez-vous ces questions :
- Avez-vous déjà un site ? Si oui, quel est son état ? Un audit rapide avec PageSpeed Insights vous donnera le niveau de performance actuel.
- Quelles sont les 5 informations les plus demandées par vos habitants ? Ce seront les pages prioritaires du projet.
- Qui publiera le contenu ? Et cette personne est-elle disponible et formée pour le faire ?
- Quel est votre budget ? Une refonte sérieuse avec conformité RGAA et formation incluse se situe généralement entre 1500 € et 6 000 € selon la taille de la commune et le nombre de pages à créer.
Sur le budget, un point important : une solution à 400 € qui ne respecte pas le RGAA, qui ralentit sur mobile et qui sera obsolète en deux ans coûte finalement plus cher qu'un projet bien cadré dès le départ.
Ce que j'ai déjà fait pour une commune de Haute-Saône
J'ai accompagné la mairie de Plancher-Bas sur la refonte complète de son site municipal : audit de l'existant, conception, développement conforme RGAA niveau AA, et formation de l'équipe pour une autonomie totale sur la publication de contenu. Si vous voulez voir concrètement ce que ce type de projet donne, c'est par là.
Questions fréquentes
Une refonte sérieuse avec conformité RGAA et formation incluse se situe généralement entre 1 500 € et 6 000 €, selon la taille de la commune et le nombre de pages à créer. Les solutions low-cost à 300–400 € existent, mais elles ne respectent souvent pas les obligations légales et deviennent rapidement obsolètes.
Oui. L'obligation s'applique à tous les organismes publics, quelle que soit la taille de la commune, depuis 2019. La loi ne fait pas de distinction entre une commune de 200 habitants et une ville de 50 000. La conformité minimale exigée est le niveau AA du RGAA.
Il n'y a pas de réponse universelle, mais le critère principal doit être l'autonomie éditoriale : l'outil doit être utilisable par une secrétaire de mairie sans compétences techniques. WordPress bien configuré, ou un CMS headless adapté, répondent généralement à ce besoin. Les plateformes municipales packagées peuvent convenir, à condition de vérifier leur conformité RGAA et leur maintenabilité réelle.
Pas obligatoirement, mais c'est souvent un avantage. Un prestataire qui connaît le fonctionnement des collectivités locales, les contraintes budgétaires des petites communes et les spécificités du département sera plus à même de cadrer le projet efficacement. La proximité facilite aussi la formation et le suivi.
Entre 6 et 12 semaines en général, selon la complexité du site et la disponibilité des interlocuteurs côté commune. Le goulot d'étranglement est souvent la collecte des contenus (textes, photos, documents) : plus tôt vous anticipez cette étape, plus vite le projet avance.
Au minimum : les coordonnées et horaires d'ouverture, les noms des élus, les informations sur les services municipaux, les actualités locales, et les documents téléchargeables courants (formulaires, comptes-rendus de conseil). La déclaration d'accessibilité RGAA est aussi obligatoire sur tout site public.
Écrit par
Paul Jeanroy
Développeur web freelance